Jérôme : aujourd’hui je ne peux plus transmettre le VIH

J’ai été diagnostiqué séropositif en 1996, année de l’arrivée des trithérapies. J’ai eu mon résultat le 24 décembre pour être précis: quel joli cadeau de Noel ! Mon compagnon de l’époque est tombé malade. Son médecin lui a fait passer un test de dépistage du VIH, qui s’est révélé positif. J’ai donc dû moi aussi en effectuer un. 

J’avais conscience de prendre des risques dans mes relations sexuelles, mais j’avais trop peur du résultat positif du test. 

A cette époque j’associais le VIH au fait de tomber malade et à la mort. C’est ce qui a provoqué chez moi un blocage pour entreprendre une démarche de dépistage. 

Alors, j’ai menti à mon compagnon en lui disant que je n’avais rien, que j’étais négatif. Je sais qu’aujourd’hui être diagnostiqué HIV + c’est être porteur du syndrome de l’immuno déficience acquise, mais pas avoir le sida car c’est le stade très avance chez les personnes qui n’ont pas accès à traitement. 

Au moment de la découverte de ma séropositivité, j’habitais encore chez mes parents. Ils n’étaient au courant ni de mon homosexualité, ni de mon statut sérologique. J’ai beaucoup menti pour me rendre à mes rendez-vous de suivi et je cachais aussi mes médicaments. 

J’ai toujours eu peur du regard des autres, de leur jugement. 

Avec l’aide de ma psychologue, j’ai travaillé le sujet et un jour je me suis sentis déterminé à annoncer ma séropositivité à mes parents. Je leur ai téléphoné en prétextant un rdv médical et que j’avais besoin d’eux pour me soutenir. Ils sont venus . A la suite de mes révélations, maman m’a demandé une fois des nouvelles, depuis le sujet n’a plus jamais été évoqué. Papa qui est aujourd’hui décédé, ne m’en a jamais parlé. 

Concernant mon traitement actuel, je prends Kivexa et Prezista une fois par jour. Depuis 1996 que je suis sous traitement, je n’ai eu à ce jour aucun effets secondaires importants. Ma charge virale étant indétectable depuis que je prends ma thérapie, soit 24 ans, je n’ai aucune raison de m’inquiéter. J’ ai un suivi tous les 6 mois au CHU. 

Comme certaines personnes séropositives, j’ai connu la sérophobie avec des propos qui blessent comme: “si tu me l’avais dis avant je ne sais pas si on aurait fait l’amour” ou “ si tu avais fais attention tu n’aurais pas à prendre de médicaments tous les jours” . Si j’avais fais attention…..mais le partenaire ne doit-il pas aussi faire attention ? Aujourd’hui, je suis convaincu que dans une relation sexuelle chacun à sa part de responsabilité la personne qui transmet et la personne qui est infectée. Le côté positif de ma vie de personne diagnostiquée positive au VIH, c’est qu’aujourd’hui grâce à mes nombreuses années avec une charge virale indétectable je ne peux plus transmettre le virus (indétectable = instransmissible).

 

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